Au début, entre deux photos de concerts, Thomas Larue nous donnait à voir toute l’intimité d’un monde. Esthétique et personnel, il prenait soin du détail, du sujet, de la couleur, capturant et mettant en valeur l’instant avec une belle précision.
Et puis, cet homme a trouvé une machine à voyager dans le temps.
Il est retourné aux sources de l’argentique. Du temps où la prise demeurait longue. Du temps où le résultat surprenait même l’artiste. Du temps où l’accident raturait l’oeuvre de façon charmante.
Du temps où l’on voyait le sujet dans l’objectif à l’envers. Du temps où l’on figeait les images sur des plaques de verres. Cela s’appelle la technique du collodion humide.
Mais il ne s’est pas contenté de seulement prendre le cliché. Non. Le bonhomme fabrique, retape, réanime l’objet oublié. Déploie des trésors d’imagination et d’habileté pour fignoler soufflet, plaques de laiton et dépolis. Depuis que tout ce laborieux travail est accompli, il n’a de cesse de faire des aller-retours entre le début du siècle et nos jours.
Le Marty Macfly de cette décennie.
Et c’est rigolo de voir nos temps modernes en tout noir et blanc, cette petite tonalité intemporelle dont il colore nos contemporains. Quand je les regarde, je ne sais plus du tout quel âge ont ces gens…

Flickr.com/photos/tomza-photos
Portfolio.fotocommunity.fr/tomza